Voici un petit compte rendu, qui est beaucoup trop long :
Participants : Albin, Hanbi, Jules, Monia, Romain
Un weekend dans le Queyras, en bivouac au lac de la Blanche à côté de son refuge (pour l’approvisionnement en bière, vin de framboise et plein de cafés).
Samedi, nous partons tôt le matin de Briançon, 5 dans une C3 Picasso avec 5 sacs à dos bien chargés de matériel de bivouac et de grimpe : cordes, dégaines, etc. La voiture roule doucement.
En longeant le Guil, on parle de la grimpe, des chats, de la vie à Briançon, et d’un tas d’autres choses.
On se gare à St-Véran vers 9h, et on part au refuge de la Blanche. Nous mettons 1h45 en suivant la route, sans passer par le GR. Bien sûr, si Monia était toute seule, elle l’aurait bouclé en moins d’1h30 ! En arrivant au lac vers 11h, on voit la jolie paroi en face, la Rocca Bianca, avec quelques petites grandes voies, pas dures mais bien montagne, avec un peu de recherche d’itinéraire. La paroi est encore à l’ombre, on se pose au refuge pour un pique-nique.
Pour Jules, c’est une (re)découverte de la grande voie, et il part en flèche avec Monia et Romain. Pour Albin et Hanbi, un autre défi : corde tendue et en chaussures d’approche pour Albin.
Nous partons en début d’après-midi vers la paroi. La flèche de Jules, Monia et Romain dans Cheikh Mama (AD+ 5b > 4c et 250 m), et la cordée d’Albin et Hanbi dans Accroche-toi Ginette ! (AD+ 5a > 5a, 230 m).
La team de Jules, Monia et Romain galère au milieu de la voie à trouver la deuxième partie et décident de suivre la cordée d’Albin et Hanbi dans la deuxième partie d’Accroche-toi Ginette ! Belle première voie de 5a, rocher mouillé et points difficiles à trouver, mais l’escalade y était sympa.
Hanbi, en tête de la cordée en premier, ne voit pas le premier relais, mais peu importe car ils sont en corde tendue. Elle le dépasse et enchaîne vers le relais d’après avec un tirage important. La suite se déroule et Albin et Hanbi se retrouvent au sommet avant 16h.
Romain, en tête de la flèche sur la même longueur, loupe aussi le relais (visiblement, ce n’est pas un relais facile à trouver) et continue jusqu’au prochain relais, qui n’est pas à côté… Une petite situation de corde tendue à 3 aurait lieu, mais pas pendant longtemps. On est heureux d’avoir de la marge dans le niveau dans ces situations-là… Expérience de montagne pour Jules, qui garde son sang-froid et grimpe bien.
Le bilan de la grimpe de la journée : météo superbe, grimpe sympa, rocher parfois humide et spits parfois très bien camouflés, recherche d’itinéraire moins évidente pour Cheikh Mama.
Suite à une retrouvaille à l’apéro au refuge, première nuit de bivouac. Coucher de soleil sur la petite colline devant le bivouac, des blagues, des discussions, et vers 20h30, l’heure de dodo.
Dimanche matin, on bouge lentement car frisquet, et on regarde la belle tête des Toillies en prenant notre café et en parlant de futurs projets.
Nous visons un retour à St-Véran à 16h. 2h de marche du refuge, donc cela ne nous laisse pas énormément de temps. On décide d’aller faire de la couenne à Cornivière, un peu avant le Rouchon, où il y a aussi de jolies courses à faire.
La marche d’approche pour monter à la paroi à partir de la chapelle de Clausis n’est pas forcément commode, car raide et sans sente visible. Point positif : on ne peut pas se perdre, on voit la paroi, il faut juste monter. Au bout d’une grosse demi-heure de sport, nous découvrons ce site : Cornivière.
Du gabbro, belle paroi, les grimpeurs épuisés retrouvent un par un (il y en avait plus fatigués que d’autres) l’envie de grimper. On mange, puis on s’équipe.
Petite 5a pour s’échauffer, on pense, mais Albin et Monia, qui étaient partis en premier dans leur voie, ne les trouvaient pas si simples. Ce gabbro, qui avait l’air adhérent comme du granite et pas patiné, était en effet gras. La voie d’Albin, en 5a, propose un pas de départ bien bloc sur de petites arquées où il faut serrer et gainer pour atteindre le premier spit. Tout le monde passe derrière, mais avec un bon biscuit sur les deux premiers points. La suite est facile, mais sans beaucoup de points. Bon. C’est montagne, on ne tombe pas.
La 5a de Monia, par contre, est un enchaînement de mouvements qui font bien peur : dalle, paume, pose de pieds haut sur ce gabbro qu’on n’aime pas encore. On a entendu les insultes, les fortes respirations, les petits « tu restes avec moi hein ? » et les « mais c’est pas du 5a… » … Bon, l’égo prend un coup, mais c’est ça l’escalade.
Apparemment sur le nouveau topo de Briançon climbs, elles sont côtées à 5b. Selon le consensus du groupe, ça reste cher pour la cotation.
On s’y fait au rocher et on finit la grimpette avec 3-4 longueurs par personne, en finissant sur une 6b qu’Albin pose en moulinette, merci ! La cotation ici est plus cohérente, selon les grimpeurs qui ont bougé dedans. Jolis mouvements, techniques et beaux, avec un rocher meilleur.
Il est 15h, nous sommes déjà en retard, nous devons partir. Albin et Hanbi ayant laissé leurs sacs de bivouac en bas prennent le chemin emprunté pour la montée, Jules, Monia et Romain cherchent une sente qui longe. Le chemin de retour est long, fatiguant et interminable, mais nous réussissons à partir du parking de St-Véran avant 17h. Cette fois-ci, le retour via le col de l’Izoard. Très très joli !
Une très belle sortie, on ne manquait pas de belles vues de montagne, de marmottes, et de bons moments entre copains. On pue et on est crevé, jambes lourdes et corps fatigué, on rentre heureux dimanche soir, pour la semaine à venir.
Merci à Monia d’avoir organisé, et à toutes les personnes ayant participé.


